L’Art de l’Amour

C’est le film qui crée la polémique en Pologne : Sztuka Kochania, L’Art de l’Amour en français, est sorti au cinéma la semaine dernière.

Adapté du livre éponyme de Michalina Wislocka, il ne cesse de susciter les passions chez les conservateurs comme chez les progressistes. La cause ? L’oeuvre originale est un manuel de sexologie, la première sortie en langue polonaise en 1976 et vendu à 7 millions d’exemplaires. Le bestseller aborde des sujets tels que la masturbation, la contraception, les positions et jeux sexuels, et plus globalement la question du plaisir intime.
Dans la Pologne catholique et plutôt conservatrice de 2017, autant dire que tout le monde n’est pas à l’aise et que les débats vont bon train.

Le film reprend donc l’histoire de celle qui a « fait découvrir le clitoris aux Polonais ». Wislocka, sexologue et gynécologue de formation, était une figure du proue de la libération sexuelle. Elle-même connut une sexualité libre, comptant un nombre important d’amants.
Le parallèle avec la vie du docteur américain Williams Masters, mise en scène dans la série Masters of Sex, est tout trouvé. Les deux scientifiques, d’un côté comme de l’autre du mur de fer, ont brisé les tabous dans des sociétés conservatrices en faisant face à des difficultés évidentes, du financement de leurs recherches à leur acceptation par la société.

Ce film aujourd’hui trouve un retentissement particulier : l’année 2016 été marquée par de forts mouvements sociaux, dont Czarny Protest (la Marche Noire), en opposition au gouvernement polonais ayant cherché à durcir les lois sur l’avortement (déjà proscrit depuis 1991). Force est de constater que la scène cinématographique prend le pendant opposé : la réalisatrice Maria Sadowska rend ici un hommage fort et partisan à l’une des scientifiques les plus en avance sur son époque.

En attendant que le film trouve un distributeur dans l’hexagone, on vous laisse découvrir le trailer du film en polonais, malheureusement non sous-titré.

 

Pour retrouver les looks à fleurs des années 1970, c’est sur Warsowe, et c’est juste ici :