Quels polonais ont déjà défilé à la Fashion Week ?

C’est officiel, aujourd’hui a commencé la semaine des défilés pour les collections automne/hiver 2017-2018 à Paris.

On recense pour cette édition près de 80 présentations officielles, et très certainement tout autant en off. En parcourant la liste, qui passe du premium de A.P.C. au très haut de gamme de Chanel, on peut malheureusement s’apercevoir qu’aucun créateur polonais ne fait partie des élus cette saison.
Pour autant, par le passé, plusieurs designers du pays de Lech Walesa ont ainsi eu le privilège de pouvoir défiler dans le carré magique Milan-Londres-New-York-Paris.

Petite revue des porte-entendards de la mode polonaise de ces quinze dernières années.

Arkadius

 

Pionnier parmi les designers polonais, Arkadius fut le premier à présenter sont travail en dehors de son pays natal. Après être passé par la maison Alexander Mc Queen à Londres, c’est dans la capitale britannique qu’il installe logiquement sa marque. Ses collections furent ainsi présentées à la London Fashion Week entre 1999 et 2005. Suzy Menkes, pourtant connu pour ses critiques qui ont détruit des carrières, dira à son propos : « il s’agit du designer le plus talentueux depuis les débuts de Yohji Yamamoto : courageux et équilibré, classique tout en étant moderne. Il était innattendu que quelqu’un venant d’un pays inexistant dans le monde de la Haute Couture puisse mériter autant de reconnaissance. Il est une publicité ambulante pour la Pologne. »

S’il rencontre un certain succès à l’international, ses collections lui valent une avalanche de reproches dans son pays natal : en travaillant sur l’esthétique religieuse, il provoque un tollé chez les catholiques conservateurs polonais. Ironiquement, lorsque Ricardo Tisci proposa une esthétique comparable chez Givenchy quelques années plus tard, il y trouve sa marque de fabrique – le tee-shirt à l’effigie de la Vierge est un best-seller de la marque à Varsovie…

 

Gosia Baczynska

 

Seule polonaise ayant présenté au calendrier officiel parisien, Baczynska aura défilé dans la ville Lumière entre 2012 et 2014. Ses créations romantiques puisant leurs inspirations dans le cinéma lui amènent alors une grande popularité en Pologne. Créatrice franche, elle insuffle une modernité affirmée dans ses lignes tout en conservant un travail de flou propre aux robes du soir. Au sein de Warsowe, on retiendra particulièrement son défilé pour la saison automne/hiver 2015 ; dans un hôtel de Monaco assombri, les silhouettes des mannequins inspirées de Frankenstein nous avaient plongé dans un univers gothique des plus poétiques (à voir ci-dessous).

 

 

MISBHV

Le label polonais MISBHV – prononcé « misbehave » – a déjà présenté ses créations à deux reprises à New York. Plus streetwear que ses prédécesseurs, c’est bien dans une esthétique antifashion que s’inscrit la marque. Est-ce par volonté de s’affirmer dans cette veine ou par sensibilité héritée du passée, cela reste à définir. Si le collectif Vetements est au premier plan de cette tendance actuelle, MISBHV ne les a pas attendu pour proposer un retour au oversize, aux sweats imprimés façon Black Metal, et aux jeans déchirés des années 90. Symbole d’une jeunesse d’Europe centrale créative, cultivée et ayant soif de liberté, MISBHV est aujourd’hui un exemple du potentiel des marques polonaises, dans la lignée des créations de Demna Gvasilia ou de Gosha Rubchinskyi. Là où la différence se fait, c’est que si ces deux derniers puisent leurs inspirations dans une contre-culture rave fantasmée, MISBHV s’inscrit bien plus dans le prolongement d’une scène techno varsovienne riche et réputée.

 

 

Les prochains créateurs polonais à défiler dans les grandes capitales de la mode ?
Ils sont probablement sur Warsowe.