La Playlist Disco Polo : votre préparation pour le « tube de l’été »

C’est le moment de l’année où il va falloir devenir méfiant. D’ici quelques semaines, toutes les chaines télé vous annonceront quel est leur tube de l’été. Comme tous les ans, il s’agira d’une chanson mièvre, entêtante, à la composition rarement très profonde, qu’on vous passera en boucle jusqu’à ce que vous la supportiez.

Pour rester sain d’esprit face à ce type de harcèlement auditif, vous avez désormais deux méthodes : éteindre la télé, éviter les radios traditionnelles et écouter de la musique cool (comme le dernier Bonobo, qui est très très bien). Ou au contraire, embrasser la musique de supermarché, et dans ce cas commencer à vous entrainer à la supporter.

Si vous choisissez la deuxième solution, sachez qu’en Pologne on a un style musical parfait pour ça.

La Serbie a le Turbo Folk, l’Argentine la Cumbia, et nous, on a le Disco Polo.

Disco Polo = beats + mélodie simpliste + paroles grivoises

Le Disco Polo est né en Pologne au début des années 1990. Face au succès de l’Eurodance et des boys band, les artistes de variété locaux ont décidé d’intégrer des beats électroniques à leurs chansons. Et ça va fait trente ans.
Si les thèmes centraux sont ceux de l’amour, de la séduction, et de la rupture (rien de très original jusque là), c’est bien plus le style des artistes qui est mémorable. Le look métrosexuel des popstars de l’Ouest n’ayant jamais pris, les chanteurs polonais ont pendant longtemps été bien plus habitués au style parka-jeans – que la BritPop n’aurait pas renié. Evolution oblige, aujourd’hui, ce sont les costumes satinés trop courts qu’ils privilégient, toujours dans un esprit très « mâle dominant ». Ne cherchez donc aucune finesse dans ce qui suit.

A côte de ça, on retrouve de grands classiques de la variété des années 1990 : les chorégraphies, les ralentis un peu flou, les voitures de location et les filles peu vêtues qui se déhanchent sont de la partie.
Bien entendu, tout cela n’est pas à prendre au premier degré.

Du coup, pour répondre à votre soif de culture et vous préparer aux tubes de l’été, on vous a fait une playlist.
Si vous êtes dans votre bureau, on vous conseille de mettre des écouteurs.

Boys – Jestes Szalona

Boys a fait parti des groupes précurseurs de la Disco Polo. Leur plus grand succès reste Jestes Szalona, qui est serait à la variété polonaise ce que Wonderwall est à la pop britannique. Aujourd’hui encore, la chanson passe aussi régulièrement dans les mariages polonais que Gilbert Montagné dans ceux de l’hexagone. Pour les paroles, on vous fait une traduction rapide :
« Tu es folle, je te le dis/ Tu l’as toujours été, arrête de rêver/ Tu n’es pas un ange, je te le dis/ Tu es juste folle »…

Tarzan – Tarzan Boy

La Pologne avait sa propre NES (la Pegasus), sa propre voiture (la Fiat Polska) et sa propre reprise de Tarzan Boy de Baltimora. Niveau plagiat, le titre et le décor de jungle en plastique sont les mêmes. Par contre, on notera qu’on ne se souvenait pas de tels pectoraux dans la version originale.

Weekend – Ona Tanczy Dla Mnie

A ne pas confondre avec son homonyme gallois, Weekend est groupe polonais mené par Radoslaw Liszewski depuis le début des années 2000. Plus moderne tout en restant particulièrement kitsch, Weekend est aujourd’hui le groupe leader du Disco Polo. Ona Tanczy Dla Mnie a été certifié disque d’or en 2012 ; la vidéo ci-dessus cumule plus de 100 millions de vues sur Youtube. Dans cette chanson, Radoslaw nous explique qu’il « rentre dans le club, qu’elle est là, et qu’elle danse pour lui ». Un peu comme TTC, les casquettes et la production en moins. Et la gomina en plus.

Akcent – Krolowa Nocy

Akcent fait carrière dans le Disco Polo depuis une trentaine d’années. Difficile de choisir le ‘meilleur’ de ses titres, mais on s’est arrêté sur Krolowa Nocy (Reine de la Nuit, en français), parce qu’assez clairement son clip est imbattable en terme de clichés. Y’a tout. La coupe mulet, le club vide, la fausse session photo mode avec la Polonez en arrière plan. Patrick Juvet en serait jaloux. Depuis, Akcent s’est coupé les cheveux, mais croyez-nous, il a gardé la même formule pour faire des clips réussis.

Shazza – Bierz Co Chcesz

Nous sommes en 1995 et Shazza rêve du mec parfait, qui « pourra prendre ce qu’il veut ». Elle est la seule chanteuse de cette liste, mais de toute évidence, l’amour lui semble plus fort que la cause féminine.
Comme on peut le voir, Shazza s’ennuie ferme dans la boulangerie dans laquelle elle travaille. Du coup, comme pas mal de monde, elle sort faire la fête le week-end. C’est déjà le cinquième clip, vous avez compris le concept.

Tomasz Niecik – Cztery Osemnastki

Une formule 1 des années 80 avec des filles habillées comme des écolières de film porno. Qui a dit que la Pologne était un pays conservateur ? Dans un style similaire à Keen’V, Tomasz signe en 2010 cet ode « aux quatre filles de 18 ans les plus importantes de sa vie, qui rentrent dans sa voiture ». Sauf qu’il était dans une monoplace, ce qui nous fait douter de la véracité de ses propos
Pour le coup il a sorti une suite à ce titre, dédié à « une cinquième fille de 18 ans« , et à cette occasion il avait pris une quatre places, beaucoup plus pratique – vous en conviendrez.

Si vous êtes parvenu à aller aussi loin dans ce post et que vous voulez continuez sur la lancée, on vous peut vous proposer une playlist dans le même style.

Si vous voulez découvrir des choses un peu différentes, c’est par ici :

Les playlists précédentes :
La playlist de Seraphin de Serafin Andrzejak, c’est par ici
Celle de Maga de Lazy Monkey, c’est par ici
Celle de Malwina et Magdalena de Umiar, c’est ici
Celle de Anita et Kasia de Sisters FE MALE, c’est ici
Celle de Wiola de Wiola Wolczynska, c’est ici