Pawel Jaszczuk de retour à la Galerie Leica

Où se situe la limite entre sacré et profane ?
La réponse se trouve dans ¥€$U$, la dernière série de Pawel Jaszczuk, présentée à la Galerie Leica.

Après un premier projet construit autour des thèmes du jour et de la nuit au Japon, Jaszczuk expose pour la seconde fois ses créations à la Galerie Leica. Cette fois-ci, la documentation des gadgets et autres babioles associés à la chrétienté et à la dévotion est le point de départ de la série de clichés intitulée ¥€$U$.
Depuis un certain temps, Pawel Jaszczuk s’est lancé à la quête de ces objets en navigant sur Etsy, eBay ou encore son équivalent polonais, Allegro. Une fois ces bibelots pour le moins insolites achetés, il les représente dans le contexte le plus proche de ce pourquoi ils ont été conçus. Sans détournement – tout au plus un peu de parodie – l’artiste nous invite à s’interroger sur leur utilité, souvent étonnante vis-a-vis de la connotation religieuse qui leur est associée.

L’un des objectifs centraux de Jaszczuk est de mettre en lumière la dimension surréaliste du mariage du capitalisme et de la religion, et de garder une trace de la bigoterie de certains de nos contemporains. Les photographies présentées représentent une large variété d’objets : d’une simple serviette de plage à imprimé Madonne à un canif en forme de crucifix, en passant par un plus perturbant canard en plastique à l’effigie de Jésus, voire encore une ampoule au filament en forme de croix.

La série ¥€$U$ amène à un véritable questionnement sur les relation entre la religion, les sentiments, et les objets dans les cultures influencées par le catholicisme. A quoi sert la représentation des saints et de Dieu ? Où sont les limites à la bigoterie ? La bigoterie et le sacré peuvent-ils coexister ?

Pawel Jaszczuk observe comment les signes et symboles religieux se transforment en gadgets ambigus à l’ère de la production de masse. Là où les reliques sont uniques en leur genre, conservées avec soin et célébrées à l’occasion de rituels définis, les objets ici mis en lumière font presque office d’« anti-reliques ». Cheap, créés pour des situations quotidiennes, ils sont édités à des milliers d’exemplaires – de fait, aucune difficulté à les remplacer une fois usés ou cassés. D’un autre côté, ces gadgets kitch sont bien plus proches de l’homme. L’artiste embrasse ici cette matérialité et leur relation avec leurs propriétaires. De fait, ils illustrent parfaitement le passage d’une forme sacrée au monde du profane.

Pawel Jaszczuk est né à Varsovie. Diplomé de la School of Visual Arts de Sydney, il a vécu pendant plusieurs années au Japon. C’est au cours de cette période qu’il a réalisé les deux séries photographiques « Salaryman » et « Kinky City », qui ont été exposées à Berlin, Beijing, Copenhague, Tokyo, Varsovie et Vienne. Pavel Jaszczuk est aussi éditeur, « Everything I do is a balloon » étant sa plus récente publication.

L’exposition est à découvrir jusqu’au 3 décembre 2017.

Leica 6X7 Gallery
deuxième étage du concept-mall Mysia 3,
Mysia 3,
00-496, Varsovie
Arrêt de tram Muzeum Narodowe

Retrouvez le reste de notre city guide :

A découvrir – Zorza
A découvrir – Soul Kitchen
Le Varsovie de Marta
Le Varsovie de Gautier
A découvrir – Granda, bar à cocktails
A découvrir – Le Grizzly
A découvrir – Co Tu, cantine vietnamienne

Et pour le shopping ? C’est toujours sur Warsowe.