Sortie cinéma : Maria Sklodowska-Curie


Mars 2012 : celui qui deviendra quelques mois après Chef de l’Etat français est en déplacement à Varsovie. A cette occasion, François Hollande est reçu pour une table-ronde à la rédaction de Gazeta Wyborcza, l’équivalent polonais de Libération.

Interrogé sur les liens historiques entre la France et la Pologne, le candidat du PS évoque avec entrain « cette célèbre scientifique française, double prix Nobel, Irène Curie ». Silence dans la salle. Déjà, parce qu’Irène Joliot-Curie, fille de Marie Sklodowska-Curie, a certes été elle aussi une grande scientifique (lauréate du Nobel de chimie 1935, avec Frédéric Joliot, son époux), mais elle n’est pas double prix Nobel.
Et surtout parce que François Hollande, qui évoquait en fait Marie Curie, vient de déclarer devant un parterre de journalistes polonais que l’une des figures historiques du pays était strictement française.

Si l’écart n’est pas évident pour les français, à Varsovie la déclaration a de quoi être vexante. Pourquoi ? On vous laisse découvrir des éléments de réponse dans le trailer en français du biopic Marie Curie, intitulé Maria Sklodowska-Curie en Pologne…

Le film sorti en Pologne le vendredi 3 mars retrace la vie de la célèbre scientifique. Réalisé par Marie-Noëlle Sehr, le long métrage est déjà sorti en Allemagne – il faudra donc attendre encore un peu pour le voir dans les salles françaises. Si vous n’avez pas compris toutes les références de la bande-annonce, on vous éclaire un peu.

Née à Varsovie en 1867, Maria Sklodowska demeure une des personnalités les plus importantes du monde scientifique. Ne pouvant poursuivre ses études en Pologne où l’éducation universitaire féminine était impossible, elle emménage en France en 1891. Elle y épouse Pierre Curie et prend alors son nom.
Première femme décorée d’un prix Nobel – dans un univers masculin et misogyne – elle en gagnera deux lors de sa vie, dans deux domaines différents (physique en 1903 et chimie en 1911).

Pionnière des travaux sur la radioactivité, elle découvre un élément radioactif en 1898, qu’elle nomme en hommage à son pays natal – le Polonium. Ses travaux finiront par lui coûter la vie, puisque c’est son exposition répétée aux radiations qui seront à l’origine d’une leucémie qui l’emportera en 1934. Particulièrement attachée à ses racines, sensible quant à la condition de la femme et à l’éducation, elle incarne une figure féministe luttant pour l’égalité en France comme en Pologne. Si elle repose aujourd’hui au Panthéon aux côtés de son époux, Pierre, c’est bien sous son nom de jeune fille, Sklodowska qu’elle fut enterrée à Sceaux.

Autant dire que notre cher Président a frôlé l’accident diplomatique avant même d’être élu. De fait, apprenez de son erreur : face à un ressortissant polonais, rappelez-vous qu’au même titre que Georges Charpak ou Ludovik Obraniak, Marie Sklodowska-Curie était bien franco-polonaise.